Qui vient de loin (Ewur'osiga). Le Blog d'Alfoncine N. Bouya

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Adieu Tata Rolihlahlah Mandela

Ça y est. Il a été mis en terre. Cette terre dont on dit en lingala, ma langue maternelle, qu’elle reçoit tout le monde.  Grands et Petits.  Riches et Pauvres. « Mabélé mawa té ! » Cette terre qui ignore la douleur de ceux qui pleurent un être cher. « Mabélé, Ntoto, Mabélé Totu » Terre-Mère, selon l’expression de Luambo Makiadi alias Franco, qui avait, lui aussi, été reçu par Mabélé il y a plusieurs années.

Inutile de revenir ici sur la Vie et l’œuvre de Nelson Rolihlahlah Mandela. Nombreux sont ceux qui l’ont déjà fait et l’ont très bien fait. Bric-à-Bric-Maison- d’Affaires avait choisi le silence, à l’instar de Mama Graça Machel, aujourd’hui Veuve Mandela.

Sans faire de commentaires. Nous nous sommes contentés de surfer sur le Net à longueur d’hommages rendus à l’Icône de l’Humanisme, à l’image de ce qu’il a été, de ce qu’il a fait pour notre humanité.

Nous avons aussi découvert avec stupéfaction d’abord, puis avec mépris les élucubrations de ceux qui, en mal de sensations et de reconnaissance ont voulu salir sa mémoire alors même que son corps ne s’était pas encore refroidi.  Et ce, contrairement et en dépit de ce que recommandent toutes les civilisations et cultures africaines. Aussi, par mépris pour cette puérile et vaine tentative de  602541-south-african-president-nelson-mandela-dances-on-stage-october-29-during-a-rally-for-15000-supporte.jpg

Ecce Homo!

de sabotage de l’image du Géant qu’a été et que restera Tata Madiba, nous ne citerons pas le titre de cet article divulgué sur le Net, et encore moins le nom de son auteur.

Car Mandela a été. Mandela est. Mandela restera un Etre IMMENSE dans tout le sens du terme.

 

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Rejoins en Paix le pays des Ancêtres

« Tout est fini. Vous pouvez rentrer chez vous. Il n’y a plus rien à faire ! » Telles furent en juillet 2011, les paroles de cette employée de la morgue Pax Villa à Port-au-Prince, le jour de l’incinération de Zette, une amie dont je venais à peine de faire la connaissance et qui déjà s’en allait.

« Kéndé malamu ! Vas en paix ! Yénda mboté ! » Paroles d'adieux qui accompagnent toujours la mise en terre. Comme ce fut le cas ce 3 janvier 2012 lors de l’enterrement de ma propre mère.

La mise est terre en Afrique, comme sans doute partout ailleurs est toujours un moment de très grande émotion, au cours duquel on fait les adieux finaux à celui ou celle qui part. Tant que le mort n’est pas mis en terre, tout n’est pas encore fini. Il n’est pas encore parti. Il est encore physiquement avec les siens, parmi eux. Il n’a pas encore entrepris le voyage qui le mènera à Longa, le pays des morts et des ancêtres. On peut encore voir son corps allongé dans un cercueil, dans un lit, sur une natte, ou dans une morgue. Il est encore là. Visible. Mort certes, mais visible parmi les vivants ! Les chants, les danses qui scandent l’événement célèbrent généralement la vie, sa vie, son histoire, ses hauts faits.

 

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Le jour de la mise en terre, les célébrations sont d’un autre genre : on accompagne le mort non seulement à sa dernière demeure, mais surtout vers sa nouvelle vie. On célèbre la vie qui continue. On demande aux Ancêtres de le recevoir, de l’accueillir parmi eux. Pour paraphraser Birago Diop, nous disons qu’on escorte son esprit pour le faire sortir de la lourdeur de la matérialité dans la subtilité de « l’ombre qui éclaire, du rocher qui geint, de l’arbre qui gémit, de l’eau qui coule, du tison qui s’enflamme. »  C’est ce qui s’est passé ce dimanche à Qunu où vient d’être inhumé Tata Madiba Nelson Mandela.

 

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(Image Sarah)

Tata Rolihlahlah Mandela, ta vie durant, tu as très bien porté ton vrai nom qui signifie « celui par qui les troubles arrivent », le « fauteur de troubles ». Maintenant que tu as rejoint la lignée des Ancêtres, tu le porteras encore plus haut, ce nom, ton vrai nom.

Il suffit, pour s’en convaincre de se rappeler cette phrase de Barack Obama : « Nombreux sont ceux qui se disent solidaires du combat de Mandela pour la liberté mais ne tolèrent pas l’opposition de leur propre peuple. »

Madiba Rolihlahlah, tu continueras à éclairer nos vies et à troubler nos consciences. Chapeau ! 

 

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Nyélénga



15/12/2013
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