Qui vient de loin (Ewur'osiga). Le Blog d'Alfoncine N. Bouya

Qui vient de loin (Ewur'osiga). Le Blog d'Alfoncine N. Bouya

ELOGE A MAMA GRACA veuve MANDELA

Graça Simbine Machel, aujourd’hui Veuve Mandela est née le 17 octobre 1945 dans la province de Gaza au Mozambique. Après des études primaires et secondaires dans son pays natal, elle obtient une bourse et part au Portugal pour poursuivre ses études de langues. Elle parle couramment l’Anglais, le Portugais, l’Italien, l’Allemand, le Français et l’Espagnol.

 

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En 1973, alors que la lutte pour l’indépendance dirigée par le FRELIMO (Front de Libération du Mozambique) bat encore son plein, elle retourne dans son pays, devient institutrice et adhère au FRELIMO que dirige alors celui qui deviendra son premier époux, Samora Moises Machel, de qui elle aura deux enfants. Elle est Ministre de l’Education et de la Culture en 1975, année  de l’accession à l’indépendance du Mozambique, son pays et année de son mariage avec Samora Machel.

 

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Intellectuelle, Militante et Combattante de longue date

En plus de ses études de langues, Graça est diplômée en Droit. Militante du FRELIMO, elle est combattante pour l’indépendance de son pays. Comme beaucoup des femmes des pays en lutte de son  époque, on raconte qu’elle sait manier un fusil d’assaut.

A près le décès de Samora Machel, elle se jette encore plus dans des combats pour le progrès de l’Humanité. C’est dire que bien avant son mariage avec Madiba Nelson Mandela, les actions et succès de Mama Graça sont déjà reconnus à l’échelle internationale. En 1992, elle est lauréate du « Prix Leadership Afrique pour l’élimination permanente de la faim » décerné par le « Projet Faim » (The Hunger Project », une association caritative américaine à but non lucratif consacrée à la lutte contre la faim dans le monde. En 1995, elle reçoit la Médaille Nansen en reconnaissance de son travail pour le bien-être des enfants réfugiés. L’inter Press Service lui a remis aussi le prix International Achievement Award pour son travail en faveur des enfants dans le monde. Elle a également reçu  le prix Distinguished Humanitarian Service Award décerné par Africare. Elle a aussi reçu le Prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe à cause de son travail exceptionnel pour la cause des droits de la personne humaine.

 

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En 1994, le Secrétaire général de l’ONU la charge en tant qu’experte indépendante d’entreprendre une étude sur l’impact des conflits armés sur les enfants. Son rapport présenté en 1996 fait sensation et abouti sur un agenda visant la protection absolue des enfants victimes des conflits armés dans le monde.

Tout ceci est très peu dire de Mama Graça.

D’une bouteille à la mer à ce « merveilleux sentiment »

Le 19 octobre 1986, Samora Machel trouve la mort dans un crash d’avion à Mbuzini en Afrique du Sud. Les circonstances de cet accident n’ont jamais été élucidées, mais le régime de l’Apartheid en œuvre en Afrique du Sud est fortement soupçonné. Depuis sa prison de Robben Island, Nelson Mandela réussit à faire parvenir à la veuve Machel une lettre de condoléances à laquelle Graça répond en ces termes : « De votre vaste prison, vous m’avez envoyé un rayon de soleil dans mes heures les plus sombres. »

En février 1990, Nelson Mandela sort de son long emprisonnement qui a duré 27 ans. Il retrouve Winnie, sa femme. Mais les longues années de séparation forcée ont érodé leur belle histoire. La vie en commun, la vie de couple n’est plus possible pour eux. Ils annoncent d’abord leur intention de divorcer. Puis ils divorcent en 1996.

Cette même année (1996), le monde entier découvre que l’amitié pure et simple qui liait Mandela à Graça s’est transformée en amour. Heureux, le couple ne peut plus cacher ce bonheur. Ils assistent tous les deux au mariage de Robert Mugabé, président du Zimbabwé, où on les voit s’embrasser. Comme des jeunes. L’amour ne fait-il pas revivre ? L’amour ne ramène –t-il pas à la jeunesse ?

 

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Au début, il n’est pas question de mariage. Les Mozambicains sont réticents et ne veulent pas perdre leur Première Dame. Les Sud-africains aussi sont réticents et ne veulent pas d’une Etrangère. Mais, le 18 juillet 1998, le jour des 80 ans de Madiba, ils se marient, mais elle garde le nom de Machel. L’amour triomphe de toutes les réticences. Nelson déclare à la presse qu’il revit « le merveilleux sentiment d’être amoureux. »  De son côte, Graça reconnaît qu’ils étaient « tous les deux très, très seuls. »

 Une Dame au Grand Cœur

Dans cette famille recomposée qui se déchire, Graça trouve sa place non sans mal et, surtout en vient à être reconnue comme un pilier, une Poto Mitan. Ce qui fait dire à Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix : «  Les Sud-Africains ont une grande dette envers Graça Machel. Elle n’a pas seulement apporté de la joie à Madiba, elle a aussi essayé très fort de garder la famille Mandela unie. »

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Il n’est donc pas étonnant que lors des funérailles de Madiba, on a vu Winnie embrasser Graça et les deux femmes se soutenant en pleurant l’illustre disparu.

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C’est que dès le départ, Graça avait insisté auprès de Madiba pour que Winnie apparaisse à leurs côtés lors de certains grands événements.

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Jusqu’au bout…

Toute la presse est unanime, tous les proches, amis, parents sont unanimes : elle a tenu jusqu’au bout. Depuis le mois de juin, que ce soit lors de son hospitalisation à Pretoria ou dans leur maison de Johannesburg, elle n’a quasiment jamais quitté son chevet. Elle s’éloignait à peine pour quelques minutes et revenait reprendre sa place à ses côtés passant ses nuits sur un fauteuil. D’épouse éperdument amoureuse, elle était devenue un ange gardien dont lui non plus ne pouvait plus se passer. Dès qu’elle s’éloignait pour quelques minutes pour un besoin naturel ou quand des membres de la famille ou des amis très proches lui rendaient visite, même se trouvant au plus mal, il demandait : « Où est Graça ? »

 

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Merci Mama Graça

Tout le monde n’est certes pas et ne sera jamais Tata Madiba. Toutes les femmes ne sont pas et ne seront jamais Mama Graça. Ce qui est sûr Mama, c’est qu’autant il a illuminé de sa lumière toute l’Humanité, autant tu es pour de nombreuses femmes, dont moi, une Lumière qui désormais éclaire nos vies.

 

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Et comme tu as su le faire dans ton message de juin dernier alors qu’il se trouvait entre la vie et la mort, je te dis aujourd’hui : « Merci, Merci, Merci Mama Graça. »

LLK



19/12/2013
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