Qui vient de loin (Ewur'osiga). Le Blog d'Alfoncine N. Bouya

Qui vient de loin (Ewur'osiga). Le Blog d'Alfoncine N. Bouya

Etudiants et Etudiantes Haïtiens à Lumen Vitae de Bruxelles

Le texte qui suit a été présenté lors de la soirée du 7 mars organisée en prélude à la Journée Internationale de la Femme, par la Communauté Catholique Haïtienne de Belgique (CCHB) en partenariat avec le Centre d'Etudes Africaines et de Recherches Interculturelles (CEAFRI).

Le contenu du texte n'engage en rien ce blog! Un grand merci à Johanne pour nous l'avoir fait parvenir!

 

" Rôles multiples de la Femme dans la société d’aujourd’hui.- Cas d’Haïti

Distingués invités, Bonjour !

Il est confié à ma personne au nom des étudiants et étudiantes haïtiens à Lumen Vitae, une noble tâche, celle de vous entretenir autour du thème de ce soir : « le rôle multiple de la femme », en prélude à la journée mondiale de la femme demain 8 mars, mais dans le contexte de la femme haïtienne, femme d’Haïti, citoyenne du monde, solidaire des femmes de tous les continents.

Je ne saurais m’égaler à la hauteur de cette entreprise pour prétendre en cerner le sujet, mais par ces petits mots, simples de nous, à l’allure un peu poétique et sincère, nous allons essayer de faire étaler sous le regard de votre imagination, et inscrire peut être dans le registre de vos cœurs, la figure de la femme haïtienne multidimensionnelle. Permettez-nous de commencer par un détour aux origines jusqu’à la période contemporaine.

La République d’Haïti partage l’île d’Haïti avec la République dominicaine qui est baignée dans la mer des Caraïbes. Autrefois cette île ne constituait qu’une seule terre habitée par des indiens, une civilisation riche de croyances spirituelles en toutes les forces de la nature. Ils l’avaient dénommée Quisqueya ou Bohio en raison de ses terres montagneuses. Les femmes prenaient une place marquante dans les caciquats (les cités), s’occupaient de la famille; la danse, le chant, la poésie faisaient leur loisir quotidien ; elles étaient aussi vénérées pour leur beauté et leur sagesse. La plupart d’entre elles faisaient figure de chef. Évoquons entre autres l’image de la Reine Anacaona, reine du Xaragua, grande poétesse, dont la vie débordait de rêves et de poésie qui n’avait d’yeux que pour l’intrépide Caonabo, cacique de la Maguana, elle consultait les oracles et adressait des chants aux Tzémès que vénérait le peuple, selon les mots d’Emile Marcelin (La Reine Anacaona). Anacaona est celle qui a clamé la paix aux indiens et aux espagnols pour calmer les tensions qui avaient existé entre eux à l’arrivée de ces derniers sur l’île vers la fin du 15e siècle.

L’île d’Haïti devait perdre son nom d’origine indienne pour devenir dès lors colonie de Saint Domingue au 16e siècle. La disparition progressive des indiens avait occasionné la déportation des noirs venus d’Afrique, des négresses et des nègres, les appelait-on, mais d’une vaillance, d’une beauté et dotés d’une telle énergie laborieuse. Aussi étaient-ils contraints à mener une vie d’esclaves, indépendamment de l’existence majestueuse ou ordinaire antérieurement vécue dans leur patrie d’origine. En plus des tâches ménagères qui leur étaient attribuées, les femmes noires effectuèrent des travaux presque au même titre que les hommes, d’une combattivité à tout faire. Ce qui a d’autant plus marqué leur valeur et leur beauté créoles.

En outre, ces femmes guerrières assoiffées de liberté ont contribué activement aux luttes qui ont mené à l’Indépendance d’Haïti proclamée le 1er janvier 1804. Ayant enfin atteint le statut de femmes haïtiennes, citoyennes de la nation, il leur était alors possible de jouer leur rôle d’agents de reconstruction de la jeune patrie.

Néanmoins, peu à peu l’île était constituée d’un mélange ethnique, fruit de l’intimité partagée  entre certaines d’entre elles avec des colons blancs, ajouté à leur intimité aux hommes de couleur. Cette diversité ethnique avait donné lieu à l’émergence dans la société à 2 grandes classes sociales : les noirs et les mulâtres. N’empêche que d’autres polyvalences de couleur de la peau ont pris naissance, couleur brune ou marabou, châtain, clair, et des femmes et des hommes métissés.

Peu à peu le rôle de la femme haïtienne se dessina dans la société haïtienne qu’il fallait construire sur le tas au lendemain de l’Indépendance. Imprégnées des racines ancestrales, elles étaient tour à tour prêtresses vodou,  femmes paysannes, cultivatrices ou citadines, femmes intellectuelles, quelque peu instruites sur les bancs de l’école ou non, femmes chargées de l’éducation des enfants un peu parfois par l’usage du fouet,  responsables des tâches ménagères dans les familles, femmes de grand ou de petit commerce, femme de notre histoire, « fanm Dayiti ».

Par ailleurs, dès l’éclosion de la 1ère école littéraire haïtienne, Les Pionniers (1804-1836), les auteurs haïtiens s’étaient mis à proclamer l’amour de la femme. Citons le poète Coriolan Ardouin, un poète romantique, pour qui son amour pour Emma, sa bien-aimée partie pour l’au-delà, lui avait valu bien des cris de désespoir traduit dans le texte La brise au tombeau d’Emma.

Emma, lorsque tous deux assis dans une yole

Mon front sur ton épaule

Et le tien sur mon cœur

Oh c’étaient de beaux jours !

                                  (La brise au tombeau d’Emma)

 

Avec la période de l’Épanouissement du Romantisme Haïtien (1836-1860), l’image de la femme était synonyme de beauté, de source d’inspiration ou de plaisir. Oswald Durand, poète très représentatif de cette période, va jusqu’à nous conter ses élans d’amour atteignant l’érotisme d’ailleurs pour les négresses, les brunes, les mulâtres ou les marabous dont la beauté physique animait en lui des désirs inavoués. Citons quelques vers de son fameux texte Choucoune, mis en chanson en langue créole et très apprécié encore aujourd’hui.

Dèryè yon gwo touf pingouin,

Lot jou mouin kontre Choucoune

Li souri leur li ouè mouin

Mouin di syèl ala bèl moun

Li di ou trouve sa cher

Nou rete koze lontan

Jous zwezo nan syèl te parèt kontan…

Pito bliye sa se tro gran lapenn

Ka dimpi jou la depye mouin lan chaine

 

Choucoune se yon marabout,

Zyeu li klere kom chandèl

Li genyen tete doubout

Ah si Choucoune te fidèl…

 

Traduction : « Dernièrement j’ai rencontré Choucoune au pied d’un arbre. Elle m’a souri et j’ai été épris de sa beauté. Nous avons longtemps causé jusqu’à rendre joyeux les oiseaux du ciel. Mais je dois effacer ce souvenir… Choucoune est une belle marabou avec des yeux étincelants, des seins biens arrondis, hélas qu’elle soit infidèle…

 

La nature lui sert donc de cadre pour assouvir ses élans épicuriens, au pied des arbres, cachés sous leur feuillage, son lieu de prédilection pour ses rencontres où tout pouvait se dire et se faire. Durand est infidèle, « Amour d’un jour ou d’une année, c’est toujours de l’amour défunt » avouait-il. Du coup, il a aussi essuyé l’infidélité de ses amours, celle de Choucoune par exemple. Mais quand certaines femmes voulaient résister à son charme naturel, il était prêt à recourir aux vertus connues du ouanga-négresse, petit oiseau avec lequel il pouvait se fabriquer un philtre d’amour qui avait pour but de les soumettre à sa merci. Permettez-moi de citer quelques vers de ce fameux texte qu’il a titré : Le ouanga-négresse.

J’irai quand le soleil brûlant

Fera place au soir qui caresse,

Là-bas où le ciel se dresse

Sur le ruisselet nonchalant

 

J’irai prendre d’un doigt tremblant

Sur la branche où dort sa paresse

Le précieux ouanga-négresse

Dans son doux nid de duvet blanc

 

Et puis réduit en poudre fine

Je vais te l’offrir Idaline

Quand près de toi j’irai ce soir

 

Tu seras alors moins rebelle

À mes pieds tu viendras t’asseoir

Ma lèvre à ta lèvre si belle !

 

Au cours de cette deuxième tranche littéraire a émergé la première femme de lettres haïtiennes, Virginie Sampeur, 1ère épouse d’Oswald Durand, qui à l’endroit de ce dernier, avait écrit le texte « L’Abandonnée ». Elle ouvrira ainsi la voie de l’écriture aux femmes des générations suivantes.

Ah si vous étiez mort ! De mon âme meurtrie

Je ferais une tombe où retraite chérie

Mes larmes couleraient lentement sans remords.

              (L’Abandonnée)

 

Encore bien d’autres auteurs ont fait l’éloge de la femme haïtienne, bien qu’ils ne soient pas ici évoqués. Nous voulons toutefois noter l’effort des écrivains de l’École Indigéniste (1898-1915), pour avoir fait ce retour à nos racines paysannes, dans la profondeur des provinces pour y puiser la réalité de notre folklore. A reprendre les termes de Jean Price Mars, promoteur du mouvement indigéniste qui aura son écho d’ailleurs dans d’autres régions du monde, les Antilles notamment, « Soyons nous-mêmes le plus complètement que possible ». La femme paysanne, c’est elle qui sera clamée dès lors. Notons que jusque-là, les poètes ou romanciers des tendances antérieures avaient manqué de s’intéresser à cette classe de la paysannerie, pour plutôt s’arrêter aux femmes citadines ordinaires ou bourgeoises ou de celle de la classe moyenne sans rentrer dans le vécu des zones rurales, celui du paysan en proie à la misère, à l’illettrisme ou à toutes sortes de faux jugements ou de fausses considérations alors que c’est lui qui apporte une part effective à la productivité économique de la nation grâce à l’agriculture qu’il développe par ses maigres moyens.

Jacques Roumain, ayant aussi embrassé la voie indigène, dans son fameux roman, « Gouverneurs de la Rosée », texte posthume publié en 1944 et traduit dans plus de 44 langues, l’auteur y peint la réalité de la paysannerie où il dessine des valeurs de la femme haïtienne d’hier qui s’apparentent encore à celles d’aujourd’hui. Sous les images de Délira, mère du personnage principal Manuel, et de la figure opportune d’Anaïse, amante de ce dernier, Roumain y présente le visage de 2 femmes haïtiennes, tantôt défigurée par la misère, plaintive de son sort, qui espère que les choses puissent s’arranger d’elles-mêmes (Délira), mais qui va  suivre une progression dans le récit qui la portera à vivre et accepter le sens du sacrifice de son fils assassiné par jalousie (Manuel), et qui du coup, apprend à sa belle-fille (Anaïse), porteuse des semences de vie de Manuel, à emboiter le pas. Taire ses souffrances de l’âme ou du corps en vue du bien commun, se mettre au travail, s’engager pour le bien de la communauté pour que la vie éclose sous la rosée.

Entre 1915 et 1980 ont défilé des femmes écrivains dont les traits ont marqué la littérature contemporaine. Notons la présence de la Génération de femmes cultivées qui se réunissaient autour de la revue « La Voix des femmes » en 1935. On veut citer entre autres la figure d’Ida Faubert (1882-1969), poétesse, qui avait manifesté son amour pour la poésie, la nature, et qui, à l’instar de Durand avait vécu, une vie de bohème, une succession de folles et nombreuses aventures amoureuses (Madeleine Gardiner). Mais la hantise de la mort l’avait conduit à la plus haute espérance de l’être, d’autant plus qu’elle avait vécu douloureusement le départ de sa fille en bas âge pour l’au-delà.

Je me ferai pour toi très douce et très aimante

Pour que vienne l’oubli des mauvais jours d’antan

Et tu ne sauras plus que la vie est méchante

Qu’elle meurtrit le cœur et que l’on souffre tant.

                      (Douceur, Cœur des îles)

 

Cette image nous permet de faire le passage au vécu des femmes de la période post-dictature duvaliériste qui a pris fin en 1986, une période de renouveau dans notre histoire.

Cela ne fait que 29 ans depuis qu’on a commencé à parler de la promotion de la femme chez nous. Ceci remonte en effet au mois d’avril 1986, après la chute de Jean-Claude Duvalier (7 février 1986).  C’est à ce moment, suite à un soulèvement brutal dans les rues de Port-au-Prince, qu’eurent lieu des changements fondamentaux dans le système éducatif par l’accession des femmes haïtiennes à l’éducation jusque-là favorisée aux hommes en raison des mentalités d’alors, qui laissaient considérer les femmes comme des gérantes de la maison ou, dans le langage européen,  comme des femmes de ménage, responsables de l’éducation des enfants dans la famille alors que les hommes des différentes couches sociales constituaient les forces vives de la nation haïtienne, et occupaient les différentes fonctions politiques et sociales déterminantes.

Le 3 avril 1986, a pris naissance une organisation féministe connue sous le nom « FanmDayiti » (les femmes d’Haïti). Des centaines de milliers  de femmes ont  profité de  ce mouvement de libération pour manifester à travers les rues de Port-au-Prince et présenter leur cahier de doléances au gouvernement du Conseil National de l’époque : à savoir les droits de la femme, la participation des femmes aux affaires du pays, leur droit à la fréquentation des lycées à l’égal des hommes, et autres. L’objectif de cette manifestation signalée par les cris « nou la tou » (Nous sommes là !) était de rappeler aux hommes leur existence dans la vie sociale.  Ce même jour et aux mêmes heures, il y eut comme une contagion dans tous les départements du pays : elles ont toutes vibré  autour des mêmes échos réclamant le droit au développement économique et  social et l’égalité à l’éducation. De ce fait, elles exigeaient de pouvoir exercer les droits des hommes avec ces mots «  dwafanm se dwamoun » (le droit des femmes est un  droit humain).

La principale revendication des femmes était le droit à l’éducation. Il est vrai que dans la Constitution de 1987, il est fait mention que l’éducation est destinée à tous, sans distinction -  gratuite pour le primaire. Mais l’Etat ne dispose pas des moyens économiques nécessaires pour y répondre dans la pratique. L’éducation reste théoriquement à la portée de tout le monde, mais certaines familles ne disposent  pas de revenus leur permettant de scolariser les enfants qui pour la plupart sont obligés de rester à la maison, ou obligés parfois de travailler dans les champs pour aider la famille à gagner de quoi vivre en milieu urbain. Dans la capitale, certains restent dans les rues, pour essuyer les pare-brise des voitures, ils sont livrés à eux-mêmes. Certains adultes se servent d’eux pour commanditer de violents actes, et qui par la suite les commanditent pour eux-mêmes quand ils ne peuvent pas avoir de quoi manger ou de quoi vivre. Les jeunes filles de rue tombent enceintes, leurs petits sont élevés dans les rues ou dans des banlieues. Et le cycle de la délinquance juvénile bat son plein.

D’autre part dans certaines familles, tandis que les garçons peuvent  poursuivre leur scolarité pour faire ensuite vivre leur ménage, on continue à penser que les filles n’ont pas besoin  d’autant d’éducation vu qu’elles sont destinées à  devenir épouses et mères ou à prester, dès leur adolescence, des travaux ménagers (sous-payés). Or, comme le dit Anne-Marie Mpundu : «L’accès des femmes à l’instruction en toute égalité avec les hommes est la conséquence logique de l’égalité des sexes. L’école est la première ouverture à l’instruction des femmes. C’est cette instruction qui leur permettra de négocier leur émancipation au sein de la famille et de la société »[1]. Pour la déclaration universelle des droits de l’homme, l’égalité entre les hommes et les femmes est en effet une question de droits  humains et une condition de la  justice sociale ; elle est aussi un préalable indispensable et fondamental de l’égalité, du développement et de la paix.

Situation des femmes par rapport à l’éducation en Haïti- EMMUS 2010

Selon les résultats de l’Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des services réalisée par le MSPP en collaboration avec des partenaires internationaux, dans le but d’estimer quelques indicateurs socio-économiques se rapportant à la vie des femmes haïtiennes, nous relevons ceci :

52% de femmes

45% d’entre elles âgées de 15 à 49 ans, 23% en âge de reproduction

Ménage composé de 4.7 personnes en moyenne

29% des 15à49a ans n’ont jamais fréquenté l’école,

43%  ont atteint le niveau primaire

27% le niveau secondaire

1% le niveau d’études supérieures

 

Autres difficultés

À côté de ce problème parlant de sous scolarisation des femmes, elles font face à d’autres  réalités difficiles. Selon les mots de Danièle Magloire, dans ses réflexions sur le rôle de la femme haïtienne (2008), elle soulève certains faits. « Dans nos sociétés patriarcales, les femmes sont victimes de l’incapacité d’accès aux ressources alimentaires à cause de la pauvreté endémique du pays. Elles sont chargées de la sphère de la reproduction dans un pays ou les infrastructures de base sont déficientes. Survivre pour une femme dans un milieu défavorisé est quelque chose d’extrêmement difficile. Elles doivent déployer un effort au quotidien en plus des tâches ménagères ou des obligations sociales envers les enfants ou les époux, s’occuper du petit commerce, travailler dans les champs en milieu rural…

S’ajoutent les problèmes de la monoparentalité féminine, fréquent en milieu urbain, elles mettent au monde des enfants seules et du coup s’en occupent seules, elles sont victimes de l’irresponsabilité des géniteurs qui sont pour la plupart polygames ; la migration des femmes l’extérieur qui en quête d’une vie meilleure pour la famille abandonnent les enfants au foyer familial sans adulte qui oriente ; dans le secteur de la domesticité, des servantes mal-payées ; la question du transport citons le cas des Madan Sara qui doivent faire parvenir vers la Capitale des produits agricoles accrochés à des camions ; le problème des commodités sanitaires, la violence conjugale ». Les difficultés sont multiples et complexes.

  Dans ce contexte, nous voulons citer quelques grandes personnalités féminines haïtiennes qui ont travaillé à la promotion de la femme.

Des femmes haïtiennes à l’œuvre.

  • Madame Ertha Pascal Trouillot fut la première femme  Juge à la cour de Cassation ; également la première femme (la seule jusqu’à présent) à avoir été Présidente de la République d’Haïti.

 

  • La première femme en Haïti à avoir occupé le poste de Premier Ministre fut Claudette Werleigh en la période de transition entre le premier mandat de l’ex-président Jean Bertrand Aristide, et celui de l’ex-président René Garcia Préval (Novembre 1995- Mars 1996). Elle fut, en 1998, la première femme haïtienne à suivre des cours de théologie féministe de la libération, à Marykoll aux Etats-Unis. En 2011, elle fut l’une des quatre femmes sélectionnées artisanes de paix (Womenpeacemakers) par le Département Paix et Justice de l’Université San Diego en Californie.

 

Citons encore:

  • Thérèse Guillauteau (ministre à la Condition féminine et aux Droits de la femme),
  • Marie Laurence Jocelyn Lassègue (ministre de l’Information et de la Communication)
  • Mireille Neptune (femme de Georges Anglade) a écrit un livre  sur la problématique des femmes en Haïti.
  • Magali Marcellin qui a mis sur pied  Kay Fanm (la maison des femmes), organisation dont le but est d’offrir un abri ainsi qu’un support psychologique et légal aux femmes victimes d’abus et de violence.
  • Clarynde Zéphir a fondé Efòfanm (efforts des femmes), une organisation qui recherche, collecte et publie les écrits de femmes haïtiennes.
  • Sœur Kesta Occident, animatrice générale provinciale de la Congrégation des Sœurs de Sainte-Croix a travaillé pour la fondation du Collège de Regina du Cap Haïtien et milité pour une éducation de qualité des jeunes filles haïtiennes.
  • Sœur Irène-Baptiste, Supérieure Générale des petites Sœurs de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus en Haïti,  première Congrégation autochtone à droit pontifical, lutta pour la promotion et le développement des femmes paysannes dans tous les domaines.

 

Aujourd’hui encore, nombreuses sont les femmes haïtiennes qui tiennent des fonctions déterminantes dans le gouvernement haïtien.  L’action de Madame Florence Guillaume Duperval, ministre de la santé publique et de la population, fut à la source d’améliorations dans le domaine de la santé publique en Haïti.

Notons toutefois l’effort de quelques hommes qui ont eux aussi contribué à la lutte pour l’émancipation des femmes et surtout celle du milieu paysan. Des prêtres et des hommes de bonne volonté que nous saluons fort.

Conclusion

Un grand défi se dresse devant nous aujourd’hui femmes d’Haïti, et que nous sommes en mesure de dépasser par notre volonté au changement. Nous pensons qu’il est tant que les femmes scolarisées, même minoritaires soient elles, entrent en contact avec celles du milieu paysan, de la classe moyenne et de la bourgeoisie pour engager un dialogue sérieux sur l’avenir des femmes dans notre pays pour élaborer ensemble tout un programme à long terme qui tiennent compte de nos réalités respectives. Plus d’une ont déjà tracé des exemples, à nous de faire ce pas.

Nous jouons déjà, à notre façon notre rôle de promotrice de développement et de changement, proposons de nouvelles perspectives imprégnées du vécu social.

(7 mars 2015) Travail réalisé par les étudiantes et étudiants haïtiens à Lumen Vitae :

Marie-Eva DIEU

Pierre-Jacques CALIXTE

Phred BERNADIN

Johanne JEAN CHARLES HENRY"



[1] MPUNDU Anne Marie, Approche genre pour un partenariat homme-femme, Epiphanie, 1998, P. 17.



10/03/2015
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