Qui vient de loin (Ewur'osiga). Le Blog d'Alfoncine N. Bouya

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Extrait de Mille et Un Je, de Mariem Mint Derwich

Quand une mauritanienne rompt le silence, ça fait frémir de joie et d'admiration! A la découverte de Mariem Mint Derwich...

 

« Je, Tu, Elles, Nous… Plurielles. Féminin singulier, féminin plurielles. Dans la touffeur de notre société, dans une société frileuse où la parole est dévidée comme un chapelet, les mots / maux des femmes mauritaniennes sont comme les perles des brodeuses : nacrées. Tout le monde parle mais qui entend ? Qui entend les paroles de femmes ?

Objets de tous les désirs, elles sont fantasmes. Elles sont mères, épouses, gardiennes de la morale. Elles sont tractations et alliances. Elles sont poésie. Mais dans cet océan de fascination les femmes ne parlent pas ou si peu.

Et surtout pas d’amour. Schéhérazade des temps modernes elles traversent les imaginaires masculins. Elles sont corps, sensualité et désirs. Odalisques. Mais qui entend qu’elles ne sont pas que ça ? Peu de femmes parlent d’amour physique, de sexualité ou de sentiments.

Leurs corps sont les les réceptacles de toutes les envies. Mais les hommes savent-ils à quoi pensent les femmes qui traversent leurs imaginaires ? Qui est l’amante ? Qui est l’épouse ? Qui est l’amoureuse ?

Combien de désirs derrière les paupières maquillées…Combien de pensées… Combien d’envols ratés…Combien de larmes accrochées au bord des lèvres…Combien de blessures…Combien de victoires…

Je ne suis pas toutes les femmes de Mauritanie. Mais je les porte en moi, enfouies au creux de mon ventre. »

 

Sans commentaire ! Mais, un livre à lire !

LLK.



26/05/2016
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