Qui vient de loin (Ewur'osiga). Le Blog d'Alfoncine N. Bouya

Qui vient de loin (Ewur'osiga). Le Blog d'Alfoncine N. Bouya

« The White Maasaï » ou l’histoire d’une touriste suisse qui devient écrivaine de renommée internationale…

En rangeant ma bibliothèque, je suis tombée sur le livre de Corinne Hofmann " THE WHITE MAASAI" que j'avais dévoré en trois jours lors de mon séjour en Tanzanie et qui avait inspire cet article qui fut

publié la première fois dans le blog d’Obambé Gakosso en avril 2010.

 

L'HISTOIRE EST VERIDIQUE, le livre autobiographique ! Corinne Hofmann  (c’est ainsi qu’elle s’appelle) en vacances au Kenya en compagnie de son petit ami Marco, embarque dans un de ces  petits bateaux rapides (sur le fleuve Congo nous  les nommons « Vedettes ») pour rejoindre Nairobi après un safari.  Apercevant un Maasaï assis sur le siège à l’opposé de là où se trouvaient nos deux touristes, Marco, le petit ami, s’empresse de souffler à sa copine « voilà un Maasaï ! » comme savent le faire certains touristes indélicats qui entretiennent dans leur imaginaire toutes sortes de préjugés et de stéréotypes sur tout ce qui ne leur ressemble pas. En murmurant son « voilà un Maasaï » le pauvre homme ne se doutait nullement que leur destin allait basculer. Car: « And then it’s as if I’ve been struck lightning. A tall, dark brown, beautiful exotic man lounging on the quayside looking at us…My God, he‘s beautiful than anyone I’ve ever seen. He is wearing almost no clothes – just a short red loincloth- but lots of bright pearls…

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Guerrier Maasaï

Corinne venait d’être foudroyée par la beauté exotique du grand et beau Maasaï, un homme d’une beauté dont elle ne se souvenait jamais en avoir vu de pareil. Et, presque nu (selon elle), puisqu’il ne portait comme seuls habits qu’un bout de pagne rouge (le pagne rouge qu’on porte jeté sur les épaules est la tenue traditionnelle des Maasaï). Le coup de foudre fut fulgurant et va pousser Corinne à abandonner Marco son copain suisse avec lequel elle était partie découvrir l’Afrique des Safaris ! De retour en Suisse, elle laisse tout tomber : sa boutique, sa famille, ses amis, sa vie…et, elle  repart vers l’Afrique des profondeurs, dans le village du divin Lketinga, le Maasaï, qui, lui-même ne comprend pas ce qui lui arrive. Elle fera des pieds et des mains pour faire comprendre à « son maasaï » comme elle l’appelle, qu’elle aime, qu’il est ce qui compte le plus au monde pour elle, etc, etc. Et le Maasaï qui se laisse entraîner dans le tourbillon d’un amour auquel il ne s’attendait pas, ne comprenant rien à ce qui lui arrivait. Un amour qui lui tombe sur la tête …sans pour autant lui faire perdre sa tête, puisqu’il ne renonce ni à sa qualité de guerrier Maasaï avec ses longs cheveux tressés, son visage peinturluré, ses tatouages corporels à l’ocre toujours impeccables et surtout ses longues soirées et nuits passées avec les autres guerriers de son groupe ethnique : les Samburu. 

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Guerriers Maasaï

DE LUTTES EN LUTTES, d’humiliations en humiliations, d’explications en explications, de gesticulations en gesticulations, d’incompréhensions aux quiproquos, (Corinne parle à peine l’anglais et Lketinga encore moins) le couple aura droit à deux cérémonies de mariage : un mariage à l’état civil à  Nairobi et un mariage traditionnel à Barsaloi (le village maasaï de l’élu du cœur) avec une mariée habillée en blanc et un mari à moitié nu (les photos sont dans le livre) entre les vaches, les cabris, les moutons, les poules, les puces et les punaises !

MAIS L'AMOUR EST UN PHÉNOMENE insaisissable et surprenant ! Soit il vous foudroie comme cela a été le cas pour notre « White Maasaï », soit il prend tout son temps avant de montrer le bout de son nez. Soit vous passez l’un à côté de l’autre sans vous voir, soit vous vous jetez tout de suite l’un dans les bras de l’autre, soit vous vous croisez sans vous rencontrer, soit vous vous finissez par vous rencontrer quand il est trop tard! Toujours est-il qu’après la naissance de leur fille Napiraï (à qui le livre est dédié), Lketinga est à son tour rattrapé par la maladie d’amour et son pendant le plus terrible, la jalousie, plus maladive que l’amour lui-même. 

ET, CE FUT LA DEGRINGOLADE qui poussera Corinne à s’enfuir  du Kenya pour retourner chez elle en Suisse avec leur bébé, laissant tout derrière elle (comme elle l’avait fait en quittant son pays  poussée par l’amour) y compris le pauvre Lketinga, murmurant, dubitatif : « I don’t  know if I see  you and Napiraï again ! ».  Il avait fini par maîtriser quelques phrases en anglais !

QUELQUES JOURS PLUS TARD, Lketinga le masaï recevra une lettre expédiée depuis la Suisse : « …Please don’t be sad, Lketinga. You‘re young and good-looking and you’ll find a better wife. Napiraï will always remind me happily of you. Please try to understand me!” 

LE LIVRE DE CORINNE HOFMAN a été vendu à 4 millions d’exemplaires (un best seller!). Corinne vit aujourd’hui au bord du lac Lugano avec sa fille Napiraï. Elle a écrit un autre livre « Reunion in Barsaloi » (Retrouvailles à Barsaloi) relatant son retour au Kenya après 14 ans de séparation. Un film du même nom (White Masaï) a été projeté sur les écrans en Allemagne  au mois de septembre 2009. Corinne connaît le succès, mais… …Qu’en est-il  de Lketinga, le divin et exotic  Maasaï ? 

Letsaa la Kosso, April 2010©



04/10/2014
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