Qui vient de loin (Ewur'osiga). Le Blog d'Alfoncine N. Bouya

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Morceau choisi du livre de Zam Martino Ebalé

Le livre autobiographique de ZAM Martino Ebale, « Né au mauvais endroit, au mauvais, dans le mauvais corps » nou entraîne dans l'univers presque magique de l'auteur qui sans aucun doute suit le courant de sa vie (tel un fleuve: Ebalé en lingala signifie Fleuve) en étant bien dans son corps, dans sa tête et dans son esprit ! Alors que beaucoup s’acharnent contre les homosexuels et que de nombreux homosexuels s’acharnent à nier leur être profond, Zam Martino Ebale s’assume en tant qu’être humain et mène sa vie, son combat avec honneur, respect et dignité ! Chapeau l'artiste!

 

« Ma féminité, je ne l’ai pas « choisie », elle fait partie de moi. Que je sois physiologiquement homme ou femme n’y change rien.

Ma première émotion, je l’ai éprouvée à huit ans pour un compagnon de classe. Il était « mon petit amoureux ». J’ai pris conscience qu’il pouvait exister une attirance physique entre deux personnes, sans bien percevoir ce qu’était cette attirance. Le fait qu’elle était provoquée par un garçon me paraissait normal. Nous étions de même nature…

Plus tard, quand j’aurai l’âge de comprendre, je combattrai – en vain- mon identité sexuelle. Et quad je finirai par m’y abandonner, ce sera avec un sentiment de honte. Seule la danse me permettra de la vivre librement. Jusqu’à ce que je découvre dans le bouddhisme une philosophie qui m’accepte tel que je suis. La foi chrétienne de mon éducation me censurait. Le bouddhisme m’a crédibilisé. Tout part de l’être humain et revient à l’être humain. A mon sens, si l’artiste n’est pas un être humain épanoui, il ne pourra pas aller loin dans son art, en faire une vitrine, inspirer les consciences.

Mon combat, ici et lors de mes voyages en Afrique, n’est plus aujourd’hui celui que j’avais à mener au Cameroun, même s’il l’englobe. Là-bas, il s’agissait d’abord pour moi d’accepter ma féminité, puis d’exister, de subsister, sans devoir renier ma personnalité intime. A présent, il s’agit de défendre l’humain, dans toutes ses dimensions. L’essentiel reste certes de me libérer, moi, par la danse et la musique, mais cette libération se doit d’inspirer les autres pour pouvoir élever les consciences. »

 

 

 

 



16/04/2019
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